Tape du pied, tu as touché le fond!

J'ai touché le fond. 

 

Je me suis écrasée contre le sable et les rocailles.

Maintenant, il est temps de remonter!

 

Toucher le fond ça a été d'être arrachée violemment à mes amis, ma maison (encore une fois), mon école, ma ville, ma région...

 

Téléportée en une nuit vers un village perdu, avec des gens que je ne connaissais pas.

 

Arrachée à ma terre pour avoir dit la vérité, ma vérité, mon mal-être. Une trahison suprême. Le monde des adultes, décidément ne me reflétait que trahison, mensonge, égoïsme, déception et profit.

 

Dans ma révolte, je ne réalisais pas toute suite que c'était le début de la fin de la fin.

Le renouveau. Le commencement. Le genèse de ma deuxième initiation.

Le temps de plonger en soi plutôt que de se fuir. Le temps d'apprendre qui j'étais vraiment et pourquoi je voulais VIVRE!

 

Ce ne fût évident qu'avec le recul.

 

J'avais 15 ans, 98kg de douleurs, des idées noires, les hormones qui se "chamboulifiaient" et pas vraiment de personne à qui me confier.

Bref, pas la fête à la maison.

 

Et puis apparurent deux nouvelles visions de vie. L'internat ET le théâtre!

Après avoir fait de la musique, du violon et de la danse durant mon enfance, voici que se présentait à moi:

l'art de se raconter! L'art de dire ce qu'on avait dans les tripes! Et le must du must: plus s'était sombre, révolté et hurlant de vie, mieux c'était!

 

Quelle délivrance! Quel oxygène bienfaiteur! Quelle bouée de sauvetage!

 

Les idées noires se mutaient pas à pas, gouttes à gouttes, respirations par respirations.

 

Mon monde intérieur se transformait au fil des semaines. Je ne m'engluais plus dans un marécage de pourquoi irrésolus; je replantais des graines!

Des graines de quoi? Aucune idée à ce moment-là! Mais des graines, quoi qu'il en soit!

 

La semaine, je respirais grâce à ma complicité avec N., une amie d'internat avec qui nous faisions les 400 coups. Et le samedi, j'exultais sur les planches au cours de théâtre, avec une autre ange, B.

Il restait le dimanche: interminable, insoutenable, perte de temps et d'énergie considérable...

Heureusement, lundi n'était jamais loin!

 

Je me désintéressais des cordes, rasoirs et médicaments en tout genre pour exulter avec Brecht, Ferré et la commedia dell'arte!

Desproges devenait mon compagnon. Coluche, mon frère de route. Gainsbourg, mon amant platonique.

Je délaissais petit à petit Marylin Manson pour me tourner vers la vie de Norma Jean Baker.

 

L'année de mes 16 ans, j'ai demandé, que dis-je, exigé de faire du théâtre à plein temps: en secondaire technique. Je ne voulais que cela. Je voulais vivre, je voulais Vivre, je voulais VIVRE!!

 

Mon cœur rebattait dans ma poitrine!

 

Et, pour vivre, j'ai aussi laissé le cocon familial, d'abord celui de la mère, ensuite celui des grand-parents.

C'était devenu trop douloureux, trop tortueux, trop acide.

 

Je me suis amourachée d'un homme beau, drôle, qui me rappelait des racines perdues...

 

J'ai emménagé chez lui, puis, au fil du temps, je me suis attachée, si fort, si fort, si fort...

Qu'ils se marièrent et... N'eurent pas d'enfants!

 

 

 

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