L'Homme de la situation?

J'ai vraiment cru que ce serait mon sauveur.

Un peu comme une île paradisiaque, une bouée en pleine mer, une bonbonne d'oxygène...

 

En fait, non.

 

Mais j'ai quand même été au bout de mon idée. C'est un trait de caractère très fort chez moi.

Je suis têtue! Mais alors, bien, comme une bourrique à cet âge-là! 18 ans, quel délice, n'est-il pas?

 

Je crois que cela m'a sauvée en fait. Allez jusqu'au bout de mes idées m'a aidée dans les moments plus difficiles.

Et cela m'a amenée à de belles rencontres, de beaux voyages... Mais n'anticipons pas!

 

Donc, j'avais 18 ans, 85 kg de peurs, d'appréhension, de mal-être et surtout de MANQUE de CONFIANCE!

 

*Je me permets une petite digression tant qu'on est là, entre amis.

13 kg de moins que 3 ans avant. Oui! Vous avez bien lu! Et pas de régime particulier, non! Seulement le retour du père dans ma vie. Mais furtif le retour. Juste le temps de me blesser encore un peu et de disparaître de nouveau.

Le point positif? Je me suis allégée de mes attentes envers lui. Pfiouuu, envolées. Cet homme me semblait, si cruel, mysogine, obtus et... Si blessé. Je n'avais rien pour lui, il n'avait rien pour moi. On était quitte.

MERCI pour la vie PAPA. Avec cœur. Et je continue vers l'avenir.*

 

Donc, retour à mes 18 ans, amourachée d'un bel enjôleur qui me dit, dans un large sourire charmeur: "Vos lèvres sont comme des crevettes royales". Et voilà, BAM, pour une petite phrase anodine (qui me fait mourir de rire aujourd'hui), je suis tombée dans ces filets.

 

Et quels filets! De premier choix, madame! Pas un cordage de pacotille, non, non! Du bon, du solide, du "que même si c'est pas vrai vous y croyez"! Et je vous le fais à prix coûtant!

 

Que veulent les hommes, au fond? Que me veulent-ils, à part mon sexe à disposition et mes sourires de potiche? Quoi, on peut avoir autre chose? Ah bon?!? Saleté de Disney qui nous a bourré le crâne de vieux clichés machistes! Et moi qui ne suis pas assez belle pour trouver un prince digne de ce nom. Moi qui ne suis pas assez mince, pas assez conforme, pas assez blonde-brune-rousse, pas assez... Pas assez... Pas assez... (Et voici le retour de culpabilité et de sa meilleure pote, tristesse!!).

 

J'y croyais tellement à ce "pas assez" que j'en étais malheureuse.

Au point de ne pas me respecter.

Au point de ne plus écouter mes intuitions profondes.

Je ne voulais plus entendre cette petite voix qui m'emmenait vers la voie des femmes sauvages et libres.

Je n'y croyais pas, car je ne m'en sentais pas DIGNE.

 

Pour une quinzaine de kg disgracieux, pour des remarques en coin, pour des regards de travers, pour des paroles acérées, je ne me sentais pas digne.

 

Alors, quand j'ai vu débarqué ce bel Apollon, avec ses crevettes royales et son clin d’œil, j'ai craqué.

J'ai fondu. J'ai foncé tête baissée pour ne plus voir mon mal-être. Et je l'ai épousé!

 

Moi, L'inconditionnelle de la liberté, LA jeune femme contre-coutume, LA défendresse des codes 2.0, je l'ai épousé!

 

Bad idea! Mauvais plan!

 

Je m'en suis mordue les doigts, à m'en faire un sang d'encre et des poches sous les yeux.

 

Mais aussi vrai que A+B=C, ça a été une étape "incontournablement" déterminante dans la suite mon chemin de vie...

 

 

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