Prélude d'un grand voyage

Avant le grand voyage, le grand vide.

 

 

 

J’avais donc pris ma décision. Partir 8 mois en Amérique du Sud.

 

Je prenais déjà des contacts, j’apprenais mots après mots l’espagnol, je vibrais déjà de ce voyage avec peur et curiosité.

 

 

 

Mais, en préparant cela, je sentais qu’il me manquait une étape avant le grand départ.

 

Une marche sans laquelle je me serais trébuchée.

 

Un apprentissage nouveau qu’il me fallait, comme un outil, un trésor, une clé.

 

 

 

Alors, je suis partie dans le désert du Sinaï.

 

 

J’ai pris mon sac à dos, mon cœur lourd et mes appréhensions et je suis partie marcher dans l’immense rien.

 

 

 

C’est assez comique d’ailleurs que de penser que le désert est un grand vide. Il est tellement plein !

 

Plein de vie à qui sait regarder. Plein d’espoir à qui sait s’abreuver. Plein de paix à qui sait recevoir.

 

 

 

J’ai eu la chance d’être dans un groupe merveilleux, plein de cohésion, de bienveillance et de respect.

 

J’ai pu déposer mon parcours de vie dans la douceur des pavillons tendus.

 

La femme qui nous guidait dans ce voyage en nous-même était d’une douceur de mère. De celle qui vient nous

 

réconforter la nuit dans nos réveils en sursaut. De celle qui dresse des boucliers de protection contre les monstres

 

qui nous envahissent. De celle qui nous apprend à forger nos armes nous-même.

 

 

 

Tous ensemble, nous avons passé la nouvelle année sous un ciel aux mille étoiles. Dans le calme, la sérénité et la

 

musique « live » jouée par les chameliers.

 

 

 

C’était un véritable renouveau.

 

Je n’étais plus la fautive, j’étais la femme vivante.

 

J’étais la femme sauvage, la femme libre, la femme blessée.

 

J’étais le serpent enfoui dans le sable, la lune qui offrait son croissant, le sable sous nos pieds.

 

J’étais la nuit, promesse d’un jour nouveau.

 

J’étais la brise qui emporte les larmes.

 

J’étais femme. J’étais l’Univers. J’étais.

 

 

 

Ce furent des instants magiques. Bénédiction d’un Univers qui ne juge pas, qui est, tout simplement.

 

 

 

Au-delà du fait de faire la paix avec moi-même, j’ai fait la paix avec Dieu.

 

 

 

Voilà quelle était ma clé. Je devais faire la paix avec le grand tout pour pouvoir poursuivre ma quête.

 

Je le découvrirais par la suite, sans cette foi je ne serais pas allée aussi loin dans mon chemin initiatique sur les routes

 

sud-américaines… Mais n’anticipons pas… !

 

 

 

J’ai fait la paix avec le grand tout car je me suis rendue compte qu’il n’étais pas vengeur, ni jugeant, ni culpabilisant.

 

Toutes ces caractéristiques étaient amenées par les humains pas par le tout lui-même.

 

 

 

Je n’avais pas à me sentir coupable de quoi que ce soit, car chaque événement était, est, une expérience, un choix, un chemin.

 

C’est assez complexe à décrire en mots. Tout ce que je sais, c’est que cela m’a apporté la sérénité d’esprit, de cœur et d’âme.

 

 

 

Et face à l’immensité du désert, j’ai souri et verser des larmes de gratitude.

 

Humblement j’ai dansé à la lune.

 

Il était si bon de me sentir si petite dans ce monde, car tout le poids du monde ne reposait plus sur mes épaules. Je

 

pouvais me laisser guider, porter, virevolter avec le vent et la pluie.

 

Je n’avais qu’à être, le reste appartenait à l’Univers.

 

 

 

Et c’est ce que j’ai fait.

 

 

 

Magiquement ou curieusement (à vous de choisir votre point de vue), tout mon voyage pour l’Amérique du Sud s’est

 

mis en place tout seul après cela.

 

 

 

Je frappais aux portes et elles s’ouvraient.

 

Je demandais et je recevais.

 

 

 

J’ai donc embarqué pour la Colombie, le 7 septembre 2009, pour atterrir à Bogotá où je ferai des ateliers théâtre avec des enfants issu du conflit armé.

 

 

 

Et en arrivant là-bas...

 

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